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Pour une danse humaine
La danse est née des gestes fonctionnels humains, tous les
peuples de
l’humanité ont inclus la danse dans leur panoplie de coutumes, remplissant
successivement et simultanément plusieurs fonctions sociales : De la sorcellerie
primitive à la danse sacrée, en passant par les danses rituelles
et
les danses populaires récréatives.
De nos jours, la danse perd
de plus en plus cette dimension vitale, spontanée et naturelle. Elle disparaît
petit à petit des gestes de la vie quotidienne et devient une activité exceptionnelle,
quasi mythique…
Jacqueline Robinson, dans son livre « Danse, chemin d’éducation »,
décrit à merveille le stéréotype actuel de la danseuse
avec les mots suivants : «… Que dire de la danseuse devenue un
archétype, à la
fois femme, fée et acrobate, prêtresse et fille de joie, offerte
et inaccessible… » Et elle continue ainsi : « …il reste
encore fort à faire pour que la danse soit considérée comme
un comportement, une expression spontanée, une forme de communication
naturelle, et que l’utilité de la danse comme moyen d’éducation
soit complètement perçue . »
Trop souvent, la danse orientale a contribué à perpétuer
ce mythe de la « danseuse- prêtresse », déesse
de contes
de fées et des Mille et Une Nuits… mais n’est-elle pas en
réalité issue des besoins plus naturels, sociaux ou intimes de
la femme ?
Et moins orientaliste
Ainsi,
la danse orientale, telle qu’elle est apparue en occident, à travers
les films américains des années 40 et à travers les récits
fabuleux des voyageurs occidentaux romantiques, est devenue un exotisme romantique.
Les spectateurs, en extase devant les spectacles de danse, ne peuvent que se
sentir transportés devant cette danse fabuleuse… Mais, correspond-t-elle à la
réalité du monde arabe ? Et par là même,
ne perd-t-on pas le contact avec la danse comme expression naturelle de la
culture humaine ?
Citons encore une fois Jacqueline Robinson, qui constate que celui-ci est un
phénomène présent dans beaucoup d’autres danses
occidentales, comme le ballet classique, la danse jazz et la danse/spectacle
en général. Ainsi donc, essayons de redonner à la danse,
et notamment à la danse orientale, sa dimension culturelle, groupale,
récréative, cosmique, et surtout humaine.
« …servir la danse, servir l’œuvre, servir l’homme et servir la vie… » Mary Wigman
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